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Un article de Véronique Hautavoine psychologue scolaire dans le
journal JDI
L’enseignante de Marion
s’étonne des disparités dans les réussites
de cette élève.Elle la soupçonne de n’en faire
qu’à sa guise, investissant certains domaines, en délaissant
d’autres. Marion lui semble intelligente, elle lit bien, peut produire
de petits textes riches, se montre curieuse et vive à l’oral.
Pourtant, son cahier est de plus en plus mal tenu, l’écriture
bâclée. En mathématiques, elle raisonne parfois très
bien, mais les exercices d’application sont souvent mal faits. En
géométrie, c’est l’échec total. Marion
aime les arts plastiques, mais ne fait pas d’efforts quand il faut
découper, coller… C’est une enfant un peu isolée
dans son groupe classe de dernière année de cycle 2, qui
a du mal à prendre sa place dans les jeux collectifs en EPS ou
en récréation.
Des signes évocateurs
La psychologue scolaire, lors
de l’entretien avec la mère de Marion, note un manque d’autonomie,
des difficultés particulièrement lourdes lors de l’apprentissage
de l’écriture, un graphisme pauvre, et, encore plus caractéristique
: des problèmes à l’habillage (boutons, fermetures…).
La maman de Marion est enseignante
en collège, dit avoir toujours beaucoup stimulé son enfant
et se désespère de constater ces troubles qu’elle
met sur le compte de l’immaturité. Au test général
mesurant l’efficience intellectuelle (WISC 3), Marion se situe dans
une très bonne moyenne en verbal. Dans un domaine plus concret,
les trois épreuves practo-spatiales sont pathologiquement échouées,
ce qui, joint à l’ensemble des éléments évoqués
ci-dessus, confirme la dyspraxie.
Le dyspraxique :
est anormalement maladroit, intègre mal l’organisation
des gestes : on comprend alors l’échec de ces
élèves en graphisme ou puzzles à la maternelle,
à l’apprentissage de l’écrit en primaire,
dans l’utilisation des outils classiques comme ciseaux, équerre…
À noter aussi la dyscalculie et les difficultés d’autonomie,
autant dire que l’enfant dyspraxique doit être aidé.
Il est souhaitable, afin de préciser le type de dyspraxie, de
faire une évaluation neuropsychologique.
L’enfant pourra progresser grâce à des rééducations
spécialisées : ergothérapie, psychomotricité,
associée ou non à une psychothérapie, chaque cas
étant à considérer de façon unique, et la
question exacte de l’origine du trouble et de son traitement étant
encore loin d’être résolue.
Tout au plus peut-on prétendre, pour améliorer la vie
scolaire de l’enfant dyspraxique, mettre en place des aménagements
et aider l’enseignant à savoir mieux répondre à
ses difficultés.
L’enfant dyspraxique en classe
• Ne doit pas être pénalisé par son retard
graphique : il faut favoriser les apprentissages et les contrôles
oraux, valoriser plutôt ses connaissances et son raisonnement
• Ne doit pas être confronté à des manipulations
ou constructions sans aide : il faut l’encourager à verbaliser
la chaîne des opérations nécessaires.
• Doit démarrer le plus tôt possible l’apprentissage
du clavier, au départ avec des séances chez un spécialiste.
• Doit voir son attention auditive et sa mémoire verbale
et visuelle entraînées.
• Doit SURTOUT pouvoir limiter l’écriture manuelle,
ÉVITER les copies, tâche épuisante et trop absorbante
pour l’enfant, qui risque de se bloquer.
• Doit être aidé matériellement avec des
écrits personnalisés, même s’il faut rester
exigeant sur la qualité de ses apprentissages.
• Doit être aidé à gérer son matériel
(cahiers, trousse), et même à établir des repères
pour mieux s’organiser.Toute cette adaptation ne peut se mettre
en place qu’avec un travail d’équipe, l’enseignant
ne pouvant gérer seul ce trouble encore trop peu connu.
Copyright JDI Nathan 2001
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