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| Témoignage d'Evelyne | ||
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Peut-être par le plus important, les dernières
nouvelles qui sont très encourageantes. Après avoir galéré
comme tous les parents de ce Pour la première fois, j'entrevois pour Julien un
avenir « normal ». C'est pourquoi je voulais témoigner,
afin de vous encourager, vous Cette année, Julien termine l'enseignement secondaire,
avec succès (je le ressens comme une victoire pour moi également).
Julien est né en 1983, avec 5 jours de retard par
rapport aux prévisions. C'était déjà.un signe
! C'était un bébé très gentil,
souriant et assez placide : on le posait à un endroit et il y restait
calmement. C'était le rêve pour des A son second anniversaire, nous avons déménagé
de Paris à Bruxelles. J'avais fermement décidé de me battre pour que mon fils. « récupère »son retard Je n'acceptais pas que mon enfant n'ait pas une évolution normale, pas plus que les « absences de diagnostic et de pronostic» des spécialistes (il avait des problèmes, un retard, mais personne ne m'expliquait pourquoi). Les examens médicaux (scanner, IRM et autres) ne montraient rien d'anormal. Alors quoi ? Nous allions deux fois par semaine chez une kiné,
qui avait bien pris en mains les problèmes de Julien. Elle lui
faisait faire de la L'emploi du temps était donc déjà bien
rempli pour ce petit bout, avec les quatre séances de rééducation
par semaine, en plus de la A la maternelle, lorsque j’allais chercher Julien dans sa classe, je reconnaissais sans peine ses dessins et ses travaux parmi la vingtaine d’autres exposés. C’étaient les plus « primitifs ». Cela me faisait mal car la différence sautait aux yeux, mais sa maîtresse était épatante et très encourageante. En 3ème maternelle, la psychologue scolaire m’avait
convoquée en me La maîtresse de Julien , qui était la seule
de ces « professionnels » à vraiment bien le connaître,
me dit qu’elle ne s’entendait pas bien avec cette psychologue,
et qu’elle n’était pas d’accord avec ce verdict,
fondé sur un test mal fait.. Elle me proposa de laisser Julien
encore un an dans sa classe, le temps pour lui, de « mûrir
» Effectivement, l’année suivante Julien a commencé
à écrire un peu, à améliorer ses travaux,
mais toujours avec beaucoup de maladresse. Malgré mes appréhensions, l’école
primaire s’est relativement bien Par contre, les autres enfants l’avaient déjà
repéré comme « L’histoire a commencé à se corser lors
du passage à l’enseignement supérieur. Là encore,
je m’étais imposé un défi. Je pressentais déjà
que nous entamions des années difficiles, mais je savais aussi
qu'il n'avait pas d'autre choix que de réussir, car l'enseignement
technique ou d'autres orientations vers lesquelles on dirige habituellement
les jeunes qui ne s' en sortent pas dans le circuit général,
n'étaient pas du tout faites pour lui. Il fallait oublier pauvre, et il peine à exprimer clairement ses idées.
Mais je sais que c'est en revenant à la charge de manière
répétée qu'on obtient J'ai commencé à exercer sur lui la pression qu'impose la réussite scolaire. J'étais très angoissée par rapport à ses résultats et lui communiquais involontairement mon angoisse, au point que
nous nous sommes retrouvés plus d'une fois aux urgences à
l'hôpital, tellement En dehors de cela, il subissait aussi les méchancetés
des autres jeunes (on le poussait à dessein dans les escaliers,
on prenait ses Je le faisais énormément travailler à
la maison, surtout en période d'examens (en décembre et
juin) qui, en Belgique, déterminent pour Je pense que, hormis ma famille qui suivait l'évolution
de Julien de près avec une grande implication, les gens, mes amis
me considéraient je DEVAIS le faire, que je ne pouvais pas laisser tomber Julien. Des profs me disaient « lâchez-lui les baskets
», mais n'étaient pas prêts par ailleurs à être
un peu plus « coulants » avec lui. Moi je sait pas marcher, sinon il tombe ». J'ai donc continué à suivre mon intuition, à tort ou à raison ( ?). Un jour, lors d'une réunion de parents, son titulaire
me dit qu'au cours de dessin, Julien avait payé un élève
pour lui faire exécuter Nous avons traversé des années très
difficiles à l’école, car je le faisais travailler
comme un forcené, et son autre moyen de « survie »
Nos relations sont devenues très tendues. J’étais
complètement obnubilée par sa réussite à l’école.
Par ailleurs, mon mari et mon fils aîné ne supportaient plus
de me voir accaparée à ce point par le travail scolaire
de Julien. Pendant les vacances, j’essayais de lui faire prendre
de l’avance. Mon mari me disait que c’était de l’acharnement.
Je sentais par ailleurs que Julien, adolescent, n’avait plus le
temps de faire autre chose que son travail scolaire, et cela me faisait
de la peine pour lui. Je ne savais pas comment améliorer la situation.
Comme en plus il n’avait pas vraiment d’amis, je me disais
qu’à un moment ou un autre quelque chose craquerait. Ce n’était
vraiment pas une vie de rêve pour un ado. Il y a 4 ans, environ, une amie me dit avoir fait la connaissance
d’une dame dont le fils semblait avoir des problèmes très
similaires à ceux de Julien. Nous l’avons rencontrée,
et elle nous a appris que ces problèmes avaient un nom : la dyspraxie.
Elle nous renvoya au site Internet de la dyspraxie en Angleterre. Cette découverte a représenté une sorte de « reconnaissance », qui m’a apporté du réconfort. La face des choses n’avait pas changé pour autant, mais j’avais enfin quelque chose de concret à opposer aux mauvaises langues. Une preuve que Julien n’était ni bête ni paresseux, qu’il faisait le maximum et que cela lui demandait beaucoup plus d’efforts qu’à d’autres.
Je fus aussi confortée dans le fait que j’avais
mis en place de ma propre initiative à peu près toutes les
rééducations nécessaires. J’ai appris qu’il y avait moyen de faire diagnostiquer la dyspraxie en France, mais à quoi bon, à présent. Nous nous étions toujours débrouillés sans cela. Par contre nous avons préparé un dossier que nous avons remis au directeur de l’école. Il en a pris connaissance, a promis de le fait suivre aux professeurs, mais nous a implicitement fait comprendre, cependant, qu’il n’était pas disposé, à faire d’exceptions ou d’aménagements pour Julien. J’estime néanmoins que c’était une mise au point que nous devions faire, une reconnaissance indispensable. Julien a tout de même redoublé sa 4e humanité, mais ce fut un bien pour un mal, car il changea de section et « découvrit » la comptabilité, qui correspondait bien à sa logique et qui était une matière bien concrète. Il était mauvais en maths, mais bon en comptabilité. L’année suivante, nous avions décidé
avec lui, de le changer d’école et de l’orienter vers
l’enseignement technique, dans une section comptabilité .
Nous pensions qu’il ferait quelque chose qu’il aimait, qui
était bien pratique pour un travail futur, et pour laquelle il
semblait « bon ». J’avais l’espoir qu’il
ne serait plus bloqué ni noyé au niveau des matières
générales. Tout cela avec tout de même un Malheureusement, l’année scolaire suivante
débuta par un séisme dans la famille. Alors qu’on approchait d’une voie qui semblait la bonne au niveau scolaire, tous ses efforts et les miens pendant toutes ces années paraissaient réduits à néant. Je n’arrivais plus à imaginer l’avenir, ni à voir aucune lueur dans ma vie et je fis une sévère dépression nerveuse. Nous ne savions vraiment pas si Julien s’en sortirait. Nous eûmes à cette époque à affronter
une autre catégorie de « spécialistes », qui
ne nous laissaient pas beaucoup d’espoir quant L’année dernière donc, contre l’avis
de certains psys, mais conformément au désir de Julien,
celui-ci a réintégré l’école, dans l’établissement
où il aurait dû entrer l’année précédente. Cette année, Julien est donc en terminale, et cette fois, tout se passe à merveille. Il est parmi les meilleurs élèves de sa classe, et il acquiert petit à petit une autonomie dans son travail. Je supervise encore le tout, mais il se prend un peu mieux en charge. Il ne se sent plus « noyé ». Nous voilà enfin dans une spirale positive, et le succès engendre le succès ;Avant les examens de Noël, Julien a expliqué les maths à une copine de sa classe, dyslexique. Il l’a fait avec beaucoup de coeur et de sérieux, et si elle n’est pas encore sortie d’affaire, son résultat s’est néanmoins amélioré. Une belle victoire pour lui. Pendant les vacances de Noël, sans nous le dire, Julien
est allé passer l’examen du code de la route et a réussi
du premier coup. Bien sûr, l’année prochaine réapparaîtra le stress du passage dans une école supérieure et les incertitudes... Julien a déjà choisi de continuer la comptabilité (trois ans), et sait qu’il lui faudra beaucoup travailler. Je ne veux pas le décourager et je suis prête à l’aider, mais je n’ai plus la force de le tenir à bout de bras comme je l’ai fait jusqu’à présent. Toutes ces difficultés ont tissé des liens très particuliers entre Julien et moi. L’équilibre au sein de la famille a été plus d’une fois mis à mal. Mon fils aîné a quitté la maison cette
année, après avoir terminé des études brillantes,
et je souhaite que mon second oisillon quitte le nid bientôt lui
aussi, avec un maximum d’atouts en mains. Evelyne |
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Mais
Fantastique
2003 |