| |
Votre site est formidable et je
suis heureuse qu'il existe enfin ce type d'information en français.
Mon fils est né en 1991 et va avoir 13 ans, il est dyspraxique.
Sa dyspraxie concerne le langage et le corps.
Nous avons suivi le parcours du combattant qui ressort de tous les témoignages,
entre médecins, rééducations et problèmes
scolaires, et je suis prête à y joindre le mien.
Mais aujourd'hui, j'écris pour une autre raison.
Nous avons quitté la France, en 1995, alors que notre fils avait
3 ans et demi, et depuis nous avons véçu en Tchéquie,
en Roumanie, en Suède et aujourd'hui, en Suisse.
Pour des raisons d'incompréhension avec les écoles françaises
à l'étranger, nous n'avons eu d'autre choix que de mettre
notre fils dans un système anglophone.
En 1999, une thérapeute anglaise, me parla de la "dyspraxia".
J'ai failli tomber de ma chaise quand j'ai lu le descriptif de la journée
de Danny, sur le site
www.dyspraxiafoundation.org.uk.
A partir de ce jour, je n'ai eu de cesse que de lire tous les livres en
anglais publiés sur le sujet et il y en a beaucoup.
Ceci m'a beaucoup aidée, à tous les points de vue, en particulier
dans mes démarches auprès des médecins, des rééducateurs,
des écoles et en ce qui concerne mon propre rôle.
C'est cela que je veux dire aux parents.
Si vous lisez l'anglais, lisez ces livres.
Il faut aller à toutes ces sources, la source française
ne pourra qu'en être enrichie.
Bien sûr, il y a le docteur A. Kirby "The Hidden Handicap",
qui a elle-même un fils dyspraxique, vous l'avez cité,
de même M. Portwood, avec
ses idées originales, dans ses 2 livres, "Understanding Dyspraxia"
et "Developmental Dyspraxia".
Il y a aussi "Helping children with dyspraxia", M.Boon ;
"Dyspraxia 5-11" et Dyspraxia in the early years" Ch. Macintyre;
"Guide to Dyspraxia and Developmental Coordination Disorder"
A. Kirby et S. Drew ;
"Dyspraxia, A Guide for teachers and parents" K. Ripley ;
" Identification and solutions for coordination difficulties : Dyspraxia"
, Jan Proustie ;
"Living with Dyspraxia" , Dyspraxia Foundation. (de Mary Colley
)
Il faut savoir aussi que tous les pays ne sont pas alignés sur
le même terme, ainsi il y a dyspraxia, mais aussi DCD (plutôt
USA) et DAMP (pays du Nord, avec un auteur de référence
Christopher Gillberg, psychiatre).
DAMP=Deficit in Attention, Motor-control and Perception.
Je pense qu'il y a besoin d'une harmonisation entre tous ces chercheurs,
médecins et praticiens. Cela viendra, mais en attendant, c' est
un peu confus pour les parents.
Si vous pouvez mettre mon message dans les témoignages, j'en serais
heureuse.
Bravo et continuez. merci
Bonjour,
En réponse à votre demande de présentation, je vous
envoie ce témoignage, qui fait également suite à
un échange de courrier avec Françoise.
Je suis la maman de 2 garçons, l'aîné, bientôt
13 ans, qui est dyspraxique, le deuxième qui a 9 1/2 ans.
Nous avons quitté la France à la naissance du deuxième
avec une grande inquiétude de ma part.
Je n'avais, en effet, pas repris mon travail à cause des soucis,
concernant mon premier enfant.
Mes craintes se sont révélées pires que celles imaginées;
de plus, nous avons déménagé dans 4 pays différents,
mais, en même temps, cela m'a permis d'entendre parler de "dyspraxia"
et de "DCD" en 1999.
Cela m'a beaucoup aidée - même si ce fut un choc et une révélation
- dans mes éternels "démarchages" pour mon fils,
auprès des instances médicales, thérapeutiques et
scolaires...
En 1999 et après, mon grand support ont été, les
sites anglais, américains, et les livres et articles en anglais,
qui foisonnaient.
Peu de temps après, j'ai lu l'article du docteur Mazeau sur internet,
mais c'est tout ce que j'ai trouvé du côté français.
Puis est venu le site de motamot, puis votre site.
Nous sommes aujourd'hui revenus dans un pays francophone, à défaut
de la France.
Mais les choses ne sont toujours pas plus simples.
Je suis heureuse de l'existence de ce site et de savoir que des hôpitaux
posent le diagnostic de dyspraxie, bien que je pense que pour nous la
partie soit presque jouée.
Je savais, d'après mes lectures, que, autour de 9 ans, les difficultés,
entre autres, croîtraient dans l'écriture et les relations
sociales, alors que par ailleurs, elles deviennent moins graves, même
si elles subsistent.
L'annonce de cette évolution s'est avérée exacte
et nous y sommes encore, c'est pourquoi aujourd'hui ce sont les âges
qui vont suivre qui me préoccupent.
Toutes les descriptions concernant les périodes antérieures
nous les avons véçues à l'identique de ce qui est
décrit dans les livres.
Je peux en apporter mon témoignage, avec toutes les angoisses,
tous les échecs et toutes les conséquences sur la vie de
l'entourage.
Egalement pour toutes les solutions empiriques trouvées ou pas
à tous les moments fatidiques.
C'est éventuellement à cela que je pourrais être utile.
Car même si il n'y a pas une ligne de développement obligatoire
pour l'enfant, il semble qu'il y ait des situations qui se répètent
et si elles vont être dures, c'est bien de le savoir à l'avance.
En fait, dans ce développement difficile, une emphase peut être
mise selon les âges sur certaines difficultés, le lire ou
l'entendre avant, permet de cibler les efforts.
Aujourd'hui, mon fils suit une scolarité normale, dans la classe
de son âge, en anglais, avec un temps scolaire un peu aménagé.
Mais chaque fin d'année scolaire a été une victoire.
Il est bilingue, mais ne prononce pas toujours bien et n'est pas fluide
et organisé dans ses discours même si il sait exactement
ce qu'il veut dire.
C'est très dur de le suivre dans ses travaux d'école, car,
vu son âge, je ne peux pas entrer dans les classes comme je le faisais
auparavant.
Il est désorganisé, perd beaucoup ses affaires, prend ses
cours de manière anarchique ou pas du tout, ne comprend toujours
pas très bien comment se faire des amis, mais il adore apprendre
et a une mémoire d'éléphant, ce qui compense un peu
la prise de cours écrits ; de plus, il aime s'exprimer oralement.
Il aime beaucoup lire, mais pas écrire, il y est très lent.
Toutes les matières l'intéressent, ses résultats
sont moyens, et ses efforts fluctuants selon l'environnement, le prof,
ou autre.
Ma présence est encore nécessaire, alors que son frère
est déjà plus indépendant depuis longtemps sur certains
points.
Il a toujours beaucoup pleuré et le contrôle n'est pas encore
total.
Il a droit à l'ordinateur à l'école, mais c'est encore
illusoire à ce stade, il n'est pas assez rapide. Cependant il l'utilise
pour produire du travail écrit à la maison.
La maladresse subsiste et elle peut être encore parfois gênante
pour ses voisins (exemple en sciences ou à table) , de même
que l'état de ses cahiers ou son élocution...
Le harcèlement des autres enfants, "bullying", a été
le point noir de ces dernières années et a provoqué
de grandes souffrances.
Actuellement, la situation est stabilisée, mais par expérience,
elle se déstabilise très rapidement.
Notre fils a toujours pratiqué une activité sportive plus
ou moins bien et fait de la musique, en fonction des lieux où nous
étions et des possibilités.
En ce qui concerne ce point, où les parents sont libres, je dirais
que le choix de la personne qui prend en charge l'enfant est plus important
que l'activité elle-même, car même les activités
les plus simples pour lui, il les pratiquera comme un enfant dyspraxique.
Bien que sa diction ne soit pas complètement fluide et sa motricité
parfois maladroite, il a arrêté les rééducations
depuis longtemps, nous avons senti comme une impasse dans les techniques
employées, d'un commun accord avec ceux ou celles qui les pratiquent
(orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, mais cela ne
signifie pas pour moi, qu'il ne reprendra pas un jour).
Il y a là un immense travail à accomplir pour les professionnels
: trouver des méthodes qui soient spécifiques pour les dyspraxiques,
mais encore faut-il que le milieu médical se mette d'accord sur
ce qu'est la dyspraxie et comment elle "fonctionne".
Aujourd'hui, il voit un neuropédiatre tous les 6 mois et un psychologue
presque une fois par semaine.
A l'école (et dans l'entourage), c'est bien de pouvoir mettre une
"étiquette, dyspraxie", plutôt que d'arriver et
de dire, en allant voir toute la hiérarchie, "mon fils a des
problèmes...".
Après, il faut trouver des solutions et négocier aussi avec
l'enfant.
Pour l'enfant, c'est dur, en plus de toutes les salles d'attente et personnes
rencontrées qui l'examinent et le testent, il vit une grande frustration,
en permanence, pour tout, et il en est tout à fait conscient, c'est
très dur de lui conserver l'estime de lui-même, sa joie et
son envie de progresser et de participer à sa propre progression.
J'ai eu la chance aussi, au cours de toutes ces périgrinations
de rencontrer des personnes qui m'ont vraiment aidée et d'avoir
un mari qui a su comprendre.
Catherine
|
|