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Témoignage de Corinne maman d'un enfant
de 10 ans
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Bonjour,
je suis maman d'un garçon de 10 ans dont la dyspraxie visuo-spatiale
n'a été découverte que voilà peu. En
échec scolaire complet depuis
fort longtemps, il a d'abord été diagnostiqué
comme ayant une
dyslexie visuelle sévère. Les rééducations
et bilans divers se sont
enchaînés depuis sa dernière année de
maternelle où son institutrice
avait relevé un problème majeur sans les "outils"
ou "formation"
nécessaires pour le définir : " il a un problème
mais je sais pas
quoi" ( sic ) .....Ce "je sais pas quoi" était
donc déjà cette
dyspraxie qui le gênait dans ses travaux manuels ou pour faire
du
vélo . Le Rased est alors intervenu pour des séances
de
psychomotricité. Pour autant, encore une fois la dyspraxie
n'a pas
été relevée.
Plus tard, ce fut le redoublement puis le triplement du CP avant
le
dernier recours : une classe spécialisée pour enfants
dyslexiques.
Mais là encore, il n'était pas à sa place.
En effet, il
restait toujours le plus lent : tenir le stylo pour écrire
et
déchiffrer en même temps était une épreuve
!
Je passe alors sur les interventions péremptoires des psychologues
en la matière. C'est un scandale encore aujourd'hui malheureusement.
Si l'enfant est intelligent et a des problèmes scolaires,
la faute
ne peut en revenir qu'aux parents, le délit de maltraitance
n'est
pas loin CQFD !
Bref, beaucoup de souffrance et de douleur à surmonter en
pareille
situation ... pour tous y compris surtout l'enfant qui se sent
coupable d'engendrer un conflit pourtant orchestré par des
adultes
ignorants et maladroits.
Sur ce, la lecture d'un livre de M. Mazeau puis la visite du site
de
DMF s'apparente à la découverte du Saint Graal ...
les difficultés
de notre fils portaient "un nom" !!!!! Abonnés
pourtant aux bilans
divers depuis de nombreuses années ..... il restait donc,
d'autres
examens jamais effectués tel le bilan neurovisuel ! Celui-ci
une
fois fait, a démontré une atteinte de la motricité
oculaire majeure
associée à d'autres troubles.
Euréka, nous avions trouvé la cause ? Et non, puisque
une dyspraxie
n'empêche pas forcément d'apprendre à lire mais
cela expliquait du
coup sa fatigue importante dès qu'il s'approchait d'une feuille
écrite.
Non, notre fils ne menait pas une vie de patachon la nuit, nous
découvrions enfin la cause de ses baillements intempestifs
en classe
!!!! Non, ce n'était pas un enfant instable .... incapable
de se
tenir correctement aux dires d'une certaine orthophoniste dont il
vaut mieux oublier le nom. Oui, toujours affalé sur le côté
ou
carrément debout au dessus du travail écrit .... notre
fils
compensait depuis l'enfance sa façon particulière
de "voir le
monde". Et personne : parents, rééducateurs,
enseignants ou le
comble l'ophtalmologiste consulté pour des douleurs aux yeux,
n'avait remarqué qu'il était obligé de bouger
le corps à défaut des
yeux pour "regarder" !!!!
Du coup, nous avons commencé à " dévider
la pelote", d'autres
examens ont démontré d'autres troubles telle une atteinte
moteur de
la main etc ...
Par conséquent, notre fils est passé de l' "étiquette"
de fainéant
en classe traditionnelle à celle de "dyslexique"
un peu "débile"
puisque même en classe dite "spécialisée",
il ne réussissait pas à
compenser .... à enfin au bout de cinq années : des
examens
neurologiques sérieux et complets démontrant ce qu'il
est
réellement, soit
un petit garçon dont le développement a souffert pendant
la
grossesse et qui très courageux, a réussi à
"cacher" ou "compenser"
ses difficultés telle aussi sa légère spasticité
jamais
diagnostiquée de même, avant cette année : "des
douleurs aux jambes,
oh, c'est la croissance" ( sic ) !!
En conclusion, je dirai à vous parents de ne jamais cesser
de vous
questionner sur les difficultés de votre enfant et de ne
pas vous
arrêter aux "étiquettes" posées si
elles perdurent malgré la
rééducation ....En effet, nous parents, avons un "regard
extérieur"
qui est seul, valable quand au résultat de la remédiation
entreprise ! Nous devons nous réaproprier notre rôle
d'éducateur ...
la fonction de parent est d'éduquer. Pourtant, une fois pris
dans la
spirale des examens, rééducations diverses, un glissement
s'opère et
une substitution, une captation de notre libre-arbitre se fait jour
.... bref, on "pense pour nous" !
Si l'on "pense bien", tant mieux ....mais gardons notre
vigilance,
c'est le premier de nos rôles que de "protéger"
l' intégrité de nos
enfants qui ne doivent pas être "objet de soins"
mais tout au
contraire être "sujets de soins" !
En effet, notre enfant est découpé en tranches de
"dys" : dyslexie,
dyspraxie, dysphasie .... Pour exemple, il est entendu que la
Dyslexie proprement dite n'est pas d' origine neurologique mais
génétique donc si votre enfant est à plus de
deux écarts standards
de la norme, est élevé dans un environnement normal,
sa non-lecture
est diagnostiquée de type dyslexique ..... et le professionnel
dont
le "métier" est de diagnostiquer celle-ci n'a que
faire de vos
"remarques supplémentaires" sur sa maladresse supposée
..... " c'est
normal, les dyslexiques sont aussi maladroits" (sic) .....phrase
entendue souvent ! Des centres de référence sont là
pour
diagnostiquer un 'dys" et pas un autre ..... De même,
un
ophtalmologiste n'est pas un neuro-ophtalmologiste donc si votre
enfant souffre des yeux en dépit d'une vue normale ...on
lui
conseillera des gouttes pour calmer l'irritation sans s'étonner
du
fait que pour faire l'examen, le médecin aura demandé
maintes fois
de rester tranquille au garnement qui se trémousse sur son
siège,
manifestement gêné !
La dyspraxie reste encore méconnue, en ce qui nous concerne,
la
dyspraxie visuo-spatiale dont le retentissement sur les
apprentissages scolaires sont majeurs selon les cas, elle empiète
sur le domaine de chasse des "spécialistes es dyslexie"....du
coup,
un simple bilan neurovisuel qui pourrait, devrait être fait
lors de
toute difficulté face à l'écrit n'a jamais
été envisagé pour notre
fils...Il a fallu que nous découvrions par nous-même
que cela existait !
Pire, lorsque nous nous sommes présentés avec notre
bilan et les
recommandations afférentes pour l'apprentissage de l'écrit,
cela n'a pas été pris en compte et pourtant, c'était
une classe dite
"spécialisée" !
Ce témoignage, je le fais au nom de tous ces enfants pas
ou mal
diagnostiqués dont l'avenir est d'emblé de ce fait
compromis !
Je ne parle pas de cet enfant dyslexique qui avec une remédiation
adéquate parviendra un jour à lire, je ne parle pas
de cet enfant
dyspraxique reconnu dès la maternelle et dont les difficultés
seront
du coup prises en compte tout au long de sa scolarité.
Ceux là seront souvent incompris et les parents devront les
soutenir
car rien ne leur sera jamais facile !
Pour autant, une fois le diagnostic posé, nous devons rester
vigilants. Pour exemple, savoir s'il s'agit d'une dyspraxie dite
lésionnelle dans ce cas, souvent associée à
d'autres troubles qu'il
faudra rechercher,différente en cela d'une dyspraxie dite
de
développement.
Pour ma part, mon cri du coeur est pour ces enfants oubliés
dans des
institutions où ils n'ont rien à y faire hormis servir
un "système" !
Je parle au nom de tous ces enfants qui passent encore " à
la
trappe" faute malheureusement toujours d' une grande méconnaissance
de ces "dys" de la part, ce qui est le comble d'un aéropage
de
médecins, d'othophonistes, rééducateurs divers
et j'en passe !
Chacun reste encore sur son quant à soi et ses prérogatives,
"droit
dans ses bottes" !
Le travail associatif et le combat individuel des parents, le mot
n'est pas trop fort car il s'agit bien là d'une guerre, même
si cela
reste une guerre d'incompréhension, est primordial pour la
cause de
nos enfants.
Sans une visite fortuite sur le site de DMF, nous en serions encore
à nous poser des questions aujourd'hui !
Corinne.
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