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Bonjour,
Je suis l'heureuse maman d'un garçonnet
de 11 ans et je viens enfin de mettre un mot sur les problèmes
de mon fils qui lui ont gâchés les 10
premières années de sa vie sans que nous sachions pourquoi.
Nous venons d'apprendre, le 27 juin 2003,
à la veille de sa rentrée en sixième que Tristan
est dyspraxique et qu'il lui aurait fallu être rééduqué
depuis déjà bien longtemps. Nous étions dans l'ignorance
totale de ce handicap et avons eu beaucoup de difficultés avec
Tristan à plusieurs
niveaux pensant qu'il était non motivé, fainéant,
même parfois insolent et incapable d'écrire correctement,
ni même de capter son attention longtemps
sur quelque chose. Nous lui avons mené la vie dure alors que sans
que nous le sachions il faisait d'énormes efforts mais ce n'était
pas assez pour
nous. D'ailleurs Tristan nous a avoué cette semaine qu'il nous
avait trouvé très injustes souvent. Nous comprenons enfin
aujourd'hui pourquoi.
C'est par le plus grand des hasards qu'une
personne nous a conseillé de rencontrer un psychologue qui nous
a lui même conseillé de prendre rdv avec
un professeur de l'Hopital K. Nous étions en mars, rdv fut pris
pour le 27 juin, date à laquelle nous avons enfin mis un mot sur
les
troubles de mon fils et des années de galères : LA DYSPRAXIE.
Le diagnostic fut établi très rapidement, tellement les
symptômes de Tristan étaient
révélateurs.
Je n'ose pas imaginer quelle aurait été
son année en sixième et les relations que nous aurions eu
avec Tristan et Tristan avec ses professeurs,
si nous n'avions pas par hasard eu connaissance de son problème.
Aucun enseignant depuis toutes ses années n'a su nous dire que
Tristan avait un
tel problème car ce handicap est méconnu. Personne, je dis
bien personne dans mon entourage n'est au courant (la moitié de
ma famille et de ma belle
famille travaille dans l'enseignement)
Je rencontre la semaine prochaine un orthoptiste,
et la semaine d'après un neurologue pour faire des bilans. Tristan
a fait un WISC (?) avec un
psychologue qui révèle que sa faculté orale et sa
connaissance en vocabulaire sont excellentes (bien au dessus de la moyenne),
mais en
revanche le graphisme, la géométrie... sont en dessous de
la moyenne. (par ex un problème de math fait à l'oral va
être excellent ; le même à
l'écrit juste en changeant les chiffres, sera incompréhensible).
Il va falloir que je rencontre le proviseur du collège à
la rentrée et les
professeurs de Tristan pour leur expliquer de quoi il souffre et leur
demander comment faire pour que Tristan ne soit pas pénaliser.
J'envisage
même de le mettre dans un établissement spécialisé
pour l'aider d'avantage.
La machine est en route. Je sais que le chemin
sera long et pas facile mais nous savons enfin pourquoi et comment réagir
(enfin essayer). Je me pose
encore plein de questions quant à l'avenir scolaire de mon fils,
comment faire pour l'aider au mieux. Que faire si le collège refuse
de l'aider ?
J'ai trouvé par hasard votre adresse
e-mail et vous écrit pour plusieurs raisons :
- espérer que mon témoignage
pourra aider des parents qui ne connaissent pas le problème de
leur enfant (et je suis sûre qu'il y en a énormément)
et
qui galèrent.... j'en parle un maximum autour de moi.
- avoir un peu plus de renseignements sur
ce handicap pour mieux aider mon fils
- peut être faire partie d'une association
ou d'un groupe de personnes concernées par ce problème car
les expériences aussi diverses soient-elles
de chacun peuvent être enrichissantes.
Voilà, je ne sais pas quelle suite
sera donné à ce mail, mais je vous remercie de m'avoir lu
car il est très frustrant de parler d'un problème
tellement inconnu. Les gens m'écoutent mais ne me comprennent pas
forcément.
Oui c'est encore moi. Je reviens à l'instant de lire tous les témoignages
sur votre sites. Je suis époustouflée car j'ai le sentiment
de lire un peu
l'histoire de mon fils à chaque témoignage.
Je comprends maintenant les colères
de mon fils que nous ne comprenions pas, ses difficultés à
faire des choses qui pour nous sont si simples, ses
"gamelles" répétitives, son écriture illisible
et le soin inexistant sur ses cahiers, dans sa chambre et même parfois
sur lui, et notre acharnement
à nous son entourage (parents, grands-parents, enseignants, psychologues)
à essayer de le faire écrire mieux sous la menace d'être
puni ; sans compter
les pages arrachées des cahiers à recopier maintes et maintes
fois, sans, compter les critiques incessantes et les cris de colères
et de désespoir.
Je comprends aujourd'hui et je ressens les
mêmes émotions que toutes les mamans dont j'ai lu le témoignage
: la colère, la tristesse, la culpabilité
et surtout l'incompréhension qu'une telle pathologie (relativement
simple à dépister et à rééduquer pour
les enfants "assez peu atteint") soit inconnue
de tous (et surtout de l'enseignement).
Mais je ne compte pas rester sans rien faire.
J'ai pris rdv avec l'Inspectrice de d'Education Nationale de notre circonscription
pour lui
expliquer le problème de Tristan, lui donner de la documentation
que j'ai pu me procurer et surtout lui expliquer que l'attitude de certains
enseignants de sa circonscription est très mal adaptée ci
tant est que nos enfants est une petite différence.
J'ai mal aujourd'hui quand je pense à
ce que mon fils a enduré. Il a en plus un problème orthoptique
(c'est à dire que ses yeux ne travaillent pas
ensemble) et je n'ose pas imaginer ce que va nous dire le neurologue que
je rencontre la semaine prochaine : non seulement ses yeux et sa tête
ne
travaillent pas ensemble mais en plus ses deux yeux ne travaillent pas
ensemble donc il voit double....
Nous avons diagnostiqué ce handicap
il y a seulement trois semaines mais j'ai le sentiment que Tristan va
mieux : non pas qu'il soit guéri, le
chemin sera encore long (j'ai déjà des séances de
rééducation orthoptiques prévue jusqu'à Noël,
sans compter le psychologue, l'ergothérapeute, le
neurologue et le combat que je pense devoir mener au collège pour
que les profs acceptent d'aider un peu Tristan). Seulement, simplement
le fait
d'avoir mis le doigt sur le problème, il est soulagé, il
se sent maintenant compris et s'énerve de moins en moins car maintenant
quand il n’arrive pas
à faire quelque chose, au lieu de s'énerver ou de le critiquer,
nous l'aidons et l'encourageons. On peut en discuter ensemble maintenant
et
Tristan nous avoue qu'il était de plus en plus anxieux et énervé
car nous lui mettions une telle pression sur le dos en vue de son entrée
en 6è (tu
n'y arriveras jamais, tu seras interdit de jeux et de télés
en semaines.......) qu'il savait que cette année serait terrible.....
aujourd'hui il est serein car il sait que nous savons et c'est déjà
un grand pas.
Je culpabilise aussi car je me dis que j'aurai
pu, j'aurai du comprendre que mon fils avait un problème et que
cela n'était pas normal qu'il écrive
aussi mal et qu'il soit aussi "gauche". Les enseignants auraient
du aussi je pense faire quelques choses et c'est sans compter sur l'incompétence
de
mon ophtalmo qui n'a pas sur diagnostiquer son trouble visuel (nous consultons
l'ophtalmo deux fois par an depuis 8 ans....)
J'aurai encore des millions de choses à
dire mais simplement d'avoir pu en parler et de savoir que Tristan est
loin d'être un cas unique mon poids sur
le coeur est moins lourd à porter.
Merci merci pour votre site et votre écoute
et j'espère sincèrement pouvoir faire quelque chose pour
tous ces enfants.
A Bientôt
Nathalie
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