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Sommaire > Avant 15 ans > Solange

 

Témoignage de Solange

Je suis la mère de R... scolarisé depuis 6 ans dans un IME (institut médico-pédagogique).
Je décompose mon témoignage en 4 points, afin qu’il soit le plus lisible possible et le plus ramassé :

 

1°) L'absence de dépistage et de reconnaissance médicale de la dyspraxie :

Ce dépistage a été « artisanal » et fortuit.
J'ai découvert seule, le 15 mars 2002, alors que R... était âgé de 11 ans,
l'article de Mme Mazeau en ligne sur le site « motamot », et nous avons appris depuis cette
date, sur les troubles dont souffre R., davantage que durant les 11 années précédentes. Sa prise en charge s'en est trouvée brusquement améliorée.
Auparavant, il n'y a pas eu d'identification claire, explicite pour nous, des troubles dont
souffre R... :

  • ni par le Docteur R. à l'hôpital Trousseau, qui parle de « retard global
    psycho-moteur » en 1992/93,
  • ni par le Professeur P.à l'Hôpital Saint-Vincent de Paul, qui désigne
    ses difficultés comme étant « des problèmes de ses fonctions
    neuropsychologiques », de 1994 à 1996 (le scanner cérébral est normal),
  • ni par le Docteur G. à l'hôpital de la Pitié- Salpétrière, service de
    neuro-pédiatrie du Professeur B., qui en 1997 reçoit R..pour des tests
    et une évaluation, à l'issue desquels le seul bilan délivré est un bilan
    oral m'annonçant que « R... est un arriéré mental qu'il importe de placer
    rapidement dans un hôpital de jour, faute de quoi il sera un adulte qui ne
    pensera pas. » (sic) ; il propose une place à l'hôpital de jour de la
    Salpétrière, qui accueille des enfants psychotiques et autistes,
  • ni par le pédo-psychiatre du CMPP, où R... est suivi dès 1993,
    sur demande de l'École maternelle, mais qui lui procure un suivi bénéfique
    par une orthophoniste et une psychomotricienne et qui reconnaît que R. ne souffre
    probablement pas "que de problèmes psychologiques",
  • ni par le Docteur X., qui rencontre R... à Kremlin-Bicêtre en juin 1999
    sur demande du pédiatre de l'IME, et note dans son bilan écrit que « R... est
    gêné sur le plan de l'exécution motrice par un tremblement et une
    dyschronométrie qui sont nettement apparents dans les gestes contrôlés par
    la vue » ; les choses avancent néanmoins, car ses observations sont très précises et
    il conseille à l'IME l'usage du clavier par R... ; il reçoit de
    nouveau R... en 2002, après 11 mois d'attente pour un rendez-vous, et sur ma
    question : « Peut-on parler au sujet de R..., d'une dyspraxie visuo-spatiale
    au sens des travaux de Mme Mazeau ? », le Docteur me répond : « Oui, il y a une dyspraxie,
    mais qui n'explique pas tout. C'est très à la mode de parler de dyspraxie."
    » (Nous ignorions qu'il pouvait y avoir des « modes » en matière de
    troubles neuropsychologiques),
  • ni par le service ophtalmologique de l'hôpital Necker-Enfants malades,
    qui suit R... dès 1993 pour un strabisme divergent, l'opère du strabisme
    en avril 2001 en dépit de mes questionnements sur les liens possibles entre
    le strabisme et ses troubles neurologiques, allégations qu'en définitive
    je renonce à faire valoir jusqu'au bout car elles me semblent seulement «
    instinctives ». L'opération s'avère inutile et ratée, de mon point de vue,
    puisque de divergent le strabisme est devenu ...convergent, et ne s'est pas
    amélioré.
    En définitive, je dispose à présent du seul bilan de l'orthoptiste de
    l'Hôtel Dieu , et de deux bilans d'ergothérapeutes affirmant que R...
    souffre d'une « dyspraxie visuo-spatiale». Le mot est également écrit dans
    deux bilans d'une orthophoniste et d'une institutrice spécialisée, datant
    de 1997.
    Je pourrais penser que s'agissant de R..., la dyspraxie visuo-spatiale est
    une maladie imaginaire, n'étaient ces bilans émanant non pas de médecins,
    mais d'aides médicaux, et surtout n'était le livre du Dr Mazeau, dont
    moi-même et mon mari trouvons qu'il
    identifie et décrit de manière frappante et évidente les troubles dont souffre R ainsi que les erreurs d'évaluation dont il a souffert à l'école et de la part de certains médecins....


2°) Le rejet hors de l'Éducation nationale.

R... a été exclu de l'école sur avis de la CCPE après 4 ans d'école maternelle :
on nous a conseillé de chercher une CLIS (mais il n'y en avait pas d'appropriée dans notre ville) ou une « école spécialisée »,
à chercher dans l'enseignement privé, car ses difficultés étaient trop grandes pour qu'il continue dans l'Éducation nationale, il allait à l'échec.
Le CMPP nous a indiqué l'IME qui a accueilli R... à la rentrée de 1997 après passage de son dossier à la CDES et délai d'attente de 5 mois.
Aucun projet d'intégration ne nous a été proposé. Nous ne connaissions pas la loi de 75 à cette époque (en 1997).


3°) La prise en charge tâtonnante à l'IME :

A F..., EMP spécialisé dans les troubles graves du langage, la dysphasie
et la dyslexie, on nous a annoncé qu'ils intégraient R... alors que ses
difficultés les plus grandes n'étaient pas dans le langage mais dans la
motricité fine, et de leur propre aveu ils ne savaient s'ils pourraient
l'aider de manière appropriée.
Il y a fait de constants progrès : apprentissage de la lecture par la
méthode Borel-Maisonny, adoption de l'ordinateur et dictées faites à
l'ordinateur depuis la rentrée 1999.
Depuis ma « découverte » de l'article du Dr Mazeau, j'ai donné aux responsables de l'IME
pour les aider dans le processus éducatif,
ses articles, la référence
bibliographique de son livre, les références du logiciel Pictop et des
mémoires des instituteurs spécialisés qui sont en ligne sur internet,
parmi eux ceux d'Éric Hurtrez qui crée
des méthodes pédagogiques pour les enfants souffrant de DVS.
Depuis la rentrée 2002, R. bénéficie d'un suivi
supplémentaire en ergothérapie.

Mais force est de constater que la prise en charge de ses troubles reste
approximative, subordonnée à la bonne volonté et à l'initiative individuelle
de responsables et d'enseignants qui jusqu'à récemment
n'ont pas bénéficié d'une formation sur la dyspraxie.

4°) L'incertitude sur les possibilités d'insertion sociale ultérieure.

La situation de R... amène plusieurs questions :
  • de par l'important retard scolaire accumulé et les difficultés très grandes persistantes à maîtriser la lecture et l'écriture et plus encore le calcul, R... ne peut espérer aller loin dans ses apprentissages intellectuels. Après 3 nouvelles années dans un autre EMP pour adolescents atteints de troubles divers dits "légers", qu'il devrait rejoindre l'an prochain, il sera vraisemblablement orienté vers un Impro,
  • mais ses difficultés étant principalement dans la motricité fine, comment envisager lui apprendre un métier manuel qui lui fasse espérer une insertion sociale, alors même que sur le plan manuel il apparaîtra très handicapé ?
 
 

 

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