Le
témoignage de Murielle la maman de Damien 9 ans qui souffre
d'un syndrôme de Little et d'une dyspraxie visuo-spatiale.
DAMIEN
Damien est né le 17 novembre 1994 à Vernon (27). Prématuré
à 32 semaines, il passa huit jours en réanimation
puis cinq semaines dans le service de néonatologie de l’hôpital
de Mantes-la-Jolie. Cette hospitalisation se déroula sans
problème majeur.
Peu de temps avant sa sortie, le pédiatre,
chef du service de néonatologie, nous annonça qu’aux
regards des résultats de l’échographie trans-frontanélère
de Damien, des séquelles psychomotriciennes étaient
probables. C’est le syndrome de Little.
Passé le choc, terrible, la recherche de renseignements sur
ce syndrome et les explications du pédiatre, ne nous permirent
pas de réaliser vraiment ce qui aller se passer. Nous nous
sommes raccrochés à l’éventualité
que Damien s’en sorte mieux que ce que laissait présager
les examens. (éventualité émise par les professionnels
de la santé). D’ailleurs, son développement
général nous donna beaucoup de satisfaction.
Les visites chez le pédiatre de l’hôpital de
Mantes-la-Jolie étaient vécues comme de véritables
« examens » pour notre Damien.
La visite de sixième mois établit la
raideur des membres inférieurs de Damien. Débutèrent
alors trois séances de kinésithérapie par semaine
et des visites chez un médecin en rééducation
fonctionnelle qui prescrit des orthèses orthopédiques.
Le pédiatre nous dit quelques mots sur la structure du CAMSP,
nous n’avons pas saisi de quoi il retournait et il n’insista
pas.
A neuf mois, Damien portait toutes les nuits des attelles aux deux
pieds, participait à trois séances de kinésithérapie
par semaine et portait une paire de lunettes pour corriger son fort
strabisme.
Les mois passèrent, Damien s’éveillait normalement
mais ne tenait pas assis, attrapait mal les jouets, ne se déplaçait
pas, il avait peur du bruit et des autres personnes.
Les visites à Mantes-la Jolie, à 25
km de notre domicile, furent petit à petit insuffisantes.
Celles avec le médecin de rééducation fonctionnelle
qui exerçait sur plusieurs hôpitaux de Paris, étaient
impersonnelles et angoissantes.
A l’âge de deux ans, le retard de Damien était
bien réel et nous étions dépassés.
Le pédiatre de Mantes nous (re)parla du CAMSP d’Evreux.
La prise en charge de Damien par le CAMSP en novembre 1996, nous
fit entrer dans un autre monde, celui du handicap. Ce fut d’abord
terrifiant puis tellement réconfortant. En effet, grâce
à cette équipe formidable nous avons compris notre
enfant, nous avons eu une écoute, des réponses à
nos questions.
Damien fut suivi à partir de là par le médecin
du CAMSP qui mit en place des séances de psychomotricité,
de kinésithérapie et du nouveau matériel orthopédique
(orthèses en matière plastique et non en cuir, une
coquille).
Enseignante, j’ai demandé, en cours d’année
scolaire, à travailler à mi-temps afin de me consacrer
à Damien.
Les séances au CAMSP nous permirent de rencontrer
d’autres enfants handicapés et leurs parents. Ce contact
nous apportait beaucoup.
En décembre 1996, sa prise en charge hebdomadaire fut ainsi
établie :
· une séance de psychomotricité ) CAMSP
· une séance de kinésithérapie )
· trois séances de kinésithérapie en
libéral
· une séance d’orthoptie en libéral
Il a progressé. Il s’est mis à ramper puis à
marcher à quatre pattes. Il parlait comme un livre.
Au printemps 1997, il acquiert un tricycle adapté.
En juin 1997, nous obtenons notre mutation pour la
ville de Nîmes, ville qui possède une structure CAMSP
et prés de laquelle se trouve notre famille, soutien devenu
indispensable.
En septembre 1998, le CAMSP de Nîmes prend le
relais. Cette nouvelle équipe nous offre un accueil extraordinaire,
Damien s’y sent tout de suite à l’aise.
Les éducateurs du CAMSP propose une inscription à
l’école maternelle. Après le refus catégorique
de notre école de quartier, Damien trouve une place dans
l’école maternelle rattachée à l’élémentaire
où travaille son père. Au départ, il est scolarisé
deux heures par jours.
Un contrat d’intégration est signé, une psychomotricienne
assiste à la séance de motricité de la maîtresse.
Damien communique peu à l’école, il est seul
à la récréation. Ses difficultés motrices
apparaissent en graphisme.
Damien utilise depuis peu un déambulateur arrière
qui lui permet de se déplacer seul sur de courtes distances.
La coopération CAMSP, école, parents sera primordiale
pour faire avancer Damien. Ainsi, en fin de maternelle, il passe
la journée à l’école, il prend la parole
en classe, il a des copains, il est content d’aller à
l’école.
Sur le plan moteur, il a fait de gros progrès en ce qui concerne
la marche et parvient à faire quelques pas seul chez son
kinésithérapeute. Sa motricité fine s’améliore.
En février le petit frère de Damien
naît.
Sa prise en charge hebdomadaire est ainsi poursuivie
:
· trois séance de kinésithérapie en
libéral
· psychomotricité : deux séances à l’école
et une séance en piscine avec le CAMSP
· une séance de psychothérapie, une rencontre
toutes les deux semaines
L’orthophoniste du CAMSP a effectué un
bilan qui s’est avéré bon.
L’ergothérapeute a mis en place des aides techniques
à l’école mais aussi à la maison.
Avec bientôt six ans, Damien quitte le CAMSP
pour rejoindre le SESSAD. Sa prise en charge devient :
· trois séances de kinésithérapie en
libéral
· une séance de kinésithérapie au SESSAD
· une séance d’ergothérapie au SESSAD
· un après midi activités avec les copains
du SESSAD par quinzaine
· une séance de psychothérapie au SESSAD par
quinzaine
Cet emploi du temps très lourd n’est réalisable
qu’en prenant en partie sur l’horaire scolaire. Il quitte
l’école un peu avant les autres.
En septembre 2000, Damien entre au cours préparatoire.
Une rencontre avec la maîtresse est programmée avant
la rentrée des élèves. L’aide-éducatrice
qui lui était rattachée en maternelle, le suit en
élémentaire.
La classe se trouve au premier étage mais les bâtiments
neufs de l’école possèdent un ascenseur.
Un ordinateur est commandé car Damien ne peut pas suivre
le rythme de l’écrit en classe.
Damien se sent bien en classe. Ces camarades l’aident. Il
est fier d’utiliser l’ordinateur parfois au profit de
la classe.
La maîtresse comprend que certaines fiches mal remplies par
Damien ne sont pas significatives de son suivi et n’en tient
pas compte. Le personnel du SESSAD l’aide dans cette démarche.
Une éducatrice du SESSAD accompagne la classe pour le cycle
piscine. Une autre assiste à une séance de sport alors
que la deuxième est programmée pendant l’absence
de Damien à cause de sa rééducation.
A la fin du C.P. Damien sait lire.
Une réunion d’intégration à
l’école avec kiné, ergothérapeute, responsable
SESSAD, psychologue scolaire, parents prépare la rentrée
en CE1.
En août 2001, Damien obtient son brevet de natation
de 25 m.
En septembre 2001, en classe de CE1, Damien se déplace
seul dans la classe, le déambulateur restant utilisé
pour les récréations. Maniant bien son clavier de
l’ordinateur, il termine souvent son travail avant ses camarades.
Il refuse les temps de graphisme à la maison qui le mettent
en difficulté. C’est dons l’ergothérapeute
du SESSAD qui s’en occupe.
Sa prise en charge hebdomadaire n’a pas varié.
Il s’est rajouté une séance de psychomotricité
par le poney.
En octobre 2001, le médecin de rééducation
fonctionnelle qui suit Damien depuis son arrivée à
Nîmes, propose des injections de toxine botullinique dans
les jumeaux. S’en suit trois série de plâtre
de correction de dix jours chacune aux deux jambes. Courageusement,
Damien supporte ces nouvelles contraintes . Des copains de SESAD
ayant déjà vécu cela, l’encouragent.
En décembre, on enlève définitivement
les plâtres, la fonte musculaire est telle que Damien ne tient
plus debout même avec un appui. La mobilisation de tout le
personnel qui le suit, nous permettra de surmonter ce cap difficile.
Pour finir, une amélioration de la marche autonome apparaît.
Damien et deux amis du SESSAD, reçoivent un
beau tricycle. Les petites ballades en famille sont possibles.
Entre deux rééducations, il trouve le temps de suivre
le championnat de France de football, le tennis, la Formule 1, ….
Plus tard, il « sera footballeur »…
En septembre 2002, la rentrée au CE2 est préparée
par une réunion d’intégration qui apparaît
comme une formalité administrative tant cette intégration
est réussie.
Les évaluations CE2 voient Damien obtenir un très
beau score même si en mathématiques, il n’a obtenu
que peu de points en géométrie à cause de ses
difficultés à manier une règle.
Le travail de l’ergothérapeute porte
ses fruits, les progrès en graphisme sont là, Damien
fait les math à la main, une feuille quadrillée lui
permet d’effectuer les opérations en colonne.
Le quotidien s’améliore peu à peu, les déplacements
à la maison sont complètement autonomes même
dans l’escalier. S’habiller et se déshabiller
demande de moins en moins d’aide, utiliser le matériel
vidéo s’effectue sans problème, il peut porter
des objets légers.
A l’extérieur, sur de petits trajets il peut se déplacer
sans matériel en tenant une main.
Depuis le mois de décembre, il suit une rééducation
en orthoptie neurologique.
En février 2003, étant gêné
par la rétraction de ses ischio-jambiers, il lui est proposé
la réalisation d’une intervention chirurgicale par
le professeur Dequae de Montpellier qui aura lieu le 15 mai 2003.
Voilà le parcours de Damien, ponctué régulièrement
de joie et de souffrance. Il est très courageux et en regardant
les immenses progrès accomplis, l’espoir d’une
vie adulte autonome est grand.
Muriel maman de Damien.
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