Je
suis la tante d'un petit garçon dyspraxique et dyscalculique
pour qui l'intégration scolaire reste un vain mot. Manifestement,
nous dérangeons lorsque nous demandons pour lui une véritable
instruction. L'ordre est bien établi dans l'EN et le bouleverser
dans l'intérêt de l'enfant semble impensable. A présent,
nous l'avons retiré de l'école. En l'espace d'un an,
il a déjà comblé une bonne partie des deux
ans de retards que l'on lui donnait à cette même époque.
Et il sait lire (son instit de CP pensait qu'il ne pouvait pas apprendre).
Ma soeur également
enseignante mais dans le secondaire à développer un
ensemble de stratégies adaptées à ses difficultés.
Il est libre de travailler debout.
Pour la lecture, nous avons utilisé "La planète
des Alphas", méthode phonétique et kinésique.
Elle a débloqué mon neveu de la situation d'échec
et de dévalorisation ou l'a conduit la méthode semi-globale
employée par sa maîtresse. Ma soeur ne regrette pas
le coût et les trois traversés d'Ouest en Est de la
France.
Pour les maths, elle emploit notamment la différenciation
des unités, dizaines et centaines avec des couleurs. Les
opérations sont posés en grand sur un tableau. Il
peut également manipuler.
Pour l'écrit, on
utilise beaucoup les étiquettes et autres stratégies
qui minimisent la production littérale de l'écrit.
Il travaille plus le sens de l'écrit que sa production. Cependant,
il doit composer chaque jour une petite phrase de son choix au tableau
qu'il recopie ensuite dans son cahier. Progressivement, il est amené
à utiliser l'ordinateur.
Il est certain que nos enfants devraient recevoir ce type d'aide
à l'école. Malheureusement, nous avons constaté
une attitude de rejet voir d'indifférence du système
éducatif. Il y a d'un coté des textes de lois très
ouverts et très prometteurs et de l'autre une réalité
de terrain beaucoup moins avenante.
L'an passé, ma soeur a essayé d'entrenir une relation
avec la maîtresse en lui indiquant tout ce que nous pouvions
trouver sur l'aide nécessaire pour mon neveu. Mais cela a
été considéré comme une intrusion dans
ses choix pédagogiques. Il s'agissait pourtant d'un
établissement privé car nous avions déjà
eu l'année de grande section de grosses difficultés
avec l'enseignante de l'école communale.
Malgré les demandes répétées à
la CCPE, IEN, etc aucun projet n'a jamais été fait
pour lui. La dernière réunion en septembre n'a pas
aboutit car ma soeur exige à présent des professionnels
des engagements sur les méthodes et les pédagogies
ce qui est très mal
vécus et perçus par ceci. Je pense que l'étiquette
d'enquiquineuse lui a été accolé et qu'il n'est
pas question que des "professionnels" se remettent en
cause ou s'excusent. Par deux fois, elle a été menacé
de signalement par des IEN simplement parce qu'elle demande le respect
du droit d'instruction de son fils. La seule réponse est
la socialisation. Il semble que cette dernière ne soit pas
suffisante pour trouver un travail pour un adulte dyspraxique.
Après le constat de l'inexistence des compétences
requises et adaptés aux besoins de mon neveu, ma soeur a
fait une demande d'inscription au CNED qui dispose de support les
plus adaptés que nous avons pu trouvé. Mais elle a
été refusé car l'IEN local en fait
une affaire personnel au mépris de l'intérêt
de l'enfant.
A présent, il est inscrit dans une boite par correspondance
privé non adaptée et ma soeur a entammé une
procédure juridique afin d'obtenir le simple droit inscrit
dans le texte du code de l'éducation nationale de l'inscrire
au CNED. Il a achevé son année de CP au CNED. Le problème
est que ce genre de procédure est longue et onéreuse.
Nous rencontrons également dans notre région de grandes
difficultés à trouver dans les professionnels médicaux
des gens compétents et près à confirmer par
écrit ce qu'ils nous avancent à l'oral.
Enfin, pour achever mon tableau,mon neveu est un enfant adopté
à l'âge de 2 ans et hémiplégique. Son
handicap physique ne l'empêche pas de savoir nager, de grimper
dans les arbres et de pratiquer notamment la voile, l'équitation
et autres activités. Mais pour l'anedocte, en moyen section
de l'école communale, on lui a refusé l'accès
pendant quelques jours à sa classe car pour ces soins il
avait un plâtre. Enseignante et directrice étaient
au courant mais il a du essuyer un refus le matin en arrivant, génial.
Après avis du médecin scolaire, il a pu intégrer
sa classe. Quelques semaines auparavant une petite fille de la même
classe s'était brisé le bras, étrangement elle
n'a pas eu ce genre de difficultés.
Alors la notion d'intégration scolaire pour nous reste une
belle utopie. Le passé d'enfant adoptif de mon neveu le rend
plus fragile à l'exclusion et après tout ce que l'EN
lui a fait vivre, il n'est plus question de le remettre en danger
dans un système tel qu'il est aujourd'hui. Pour nous, il
s'agit ni plus ni moins que de la maltraitance institutionnelle.
Il nous faut des engagements sérieux pour le remettre dans
ce système malheureusement personne
n'est en mesure de les prendre et de les assumer.
Je doute pas qu'il existe sans doute quelques personnes plus ouvertes
et prêtes à beaucoup mais cela relève beaucoup
trop encore du loto.
J'ignore quel sera l'avenir de mon neveu mais il n'est pas question
qu'il soit parmis les 10% d'illétrés des statistiques
du recensement militaire et nous envisagons sérieusement
qu'il passe ces diplômes dans un pays étranger plus
ouvert si notre système n'évolue pas plus
vite qu'aujourd'hui. La fameuse socialisation de l'EN, elle passe
avant tout chose par une véritable instruction et de qualité
pour tous.
Voila pour notre petit histoire, probablement pas si originale que
cela...
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Petit glossaire |
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Vous pouvez lire notre commentaire concernant la méthode
des alphas sur la page "méthodes"
dans la partie aides pédagogiques
La
méthode de la planète des Alphas :Cette
méthode a été élaboré par
le centre psychopédagogique de Genève.Vous pouvez
avoir d'autres précisions sur leur site.
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