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| Témoignage de Nathalie, la maman de Félicie | ||
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« Nous avons une bonne et
une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que vos filles sortent dans
trois jours ; la mauvaise : Félicie a des lésions cérébrales
dues à un manque d’oxygène ... » Félicie et Auriane, nées à 33 semaines
et 1 jour sont alors hospitalisées depuis près de 5 semaines
à l’hôpital de Montreuil dont une semaine de réanimation
pour Félicie. Le choc a été très dur . Moi qui n’
avais pas jusqu’alors culpabilisé d’avoir accouché
avant terme, j’ai pleuré sans discontinuer pendant trois
jours, et même une fois les filles rentrées chez nous, j’avais
toujours le coeur serré . Le médecin de l’hôpital nous a expliqué
qu’en matière d’intervention auprès de tels
enfants, deux théories s’opposent. Certains spécialistes
pensent qu’il est inutile de démarrer les séances
de kinésithérapie avant que les raideurs ne soient apparues.
D’autres au contraire pensent qu’il faut intervenir au plus
tôt de manière préventive. A peine deux semaines plus tard nous faisions la connaissance
de Marie-Thérèse, une kiné du SSESD qui est venue
pour des séances d’une heure à domicile deux fois
par semaine pendant près d’un an puis une fois pendant près
de neuf mois, jusqu’à la marche . Elle a toujours été
optimiste pour Félicie et a toujours été d’un
grand réconfort En dehors de ces problèmes moteurs, elle a un esprit
très vif , a parlé très tôt (elle faisait déjà
des phrases complètes a à peine deux ans) et possède
un vocabulaire et une mémoire remarquables. Elle a toujours mal accepté ses difficultés,
toutes ces choses que fait sa soeur et qu’elle ne peut pas faire
. Depuis un an et demi, elle est suivie par une psy à
raison d’une séance par semaine. Au niveau de la scolarité, Félicie a été
scolarisée à 2 ½ ans, (elle est née en Février)
à raison d’une demi matinée par semaine, alors que
sa sœur allait à l’école tous les matins. Je garde un très mauvais souvenir des deux premières années scolaires de mes filles, la directrice a freiné au maximum l’intégration de ma fille, à cause de son comportement . C’est vrai que Félicie criait sans cesse, mais lui éviter les frustrations causées par les camarades ne pouvait l’aider à les surmonter ! Ensuite, nous avons déménagé. Félicie
a pu tout à coup aller à l’école tous les matins
et trois après-midis. Je ne pouvais le croire…. C’est alors que la psychologue du SSESD m’a
donné un document du Dr Mazeau à propos des dyspraxies.
J’ai appris qu’il existait des classes spécialisées, des CLIS 4, pour les enfants comme ma fille. Mais voilà, les deux clis de mon département sont très loin de notre domicile et de toute façon Félicie n’y aurait pas eu de place. J’ai alors harcelé le secrétaire de CCPE pour qu’il cherche une telle classe dans le département voisin, notre commune étant juste à la limite entre 93 et 77. Et miracle, dans la commune voisine, il y avait justement
une clis…. Dans l’école de Félicie il y a 6 classes
dont la CLIS. Ma puce est celle qui est le moins dans la classe spécialisée,
seulement deux demi-journées. Le reste du temps, elle est en CP
normal. Depuis qu’elle est en CLIS, je la trouve changée,
plus légère dans sa tête. J’ai inscrit cette année Félicie a une
activité théâtre ou elle s’épanouit totalement,
alors que les deux autres font de la gym. Félicie ne se sent plus seule dans son handicap grâce
à la CLIS, elle commence à se libérer de ses angoisses
grâce à la psy, elle accepte enfin de s’amuser comme
les autres, de prendre le plaisir ou il est. Mais on va vers un mieux-être pour nous tous, et on est optimistes pour notre avenir et le sien. Nous restons conscient de n’en être qu’au début, et que des difficultés scolaires supplémentaires vont apparaître au fur et à mesure qu’elle grandira. A nous de rester vigilants, tant pour Félicie que sa sœur et son frère.
Avril 2004
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| © Dyspraxique
Mais
Fantastique
2003 |