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Je suis la maman de Benjamin 8 ans porteur d'une dyspraxie visuo-spatiale
constructive associé à un nystagmus (avec un trouble de
la motricité globale : trouble de l'acquisition de la coordination
TAC),
Benjamin est notre premier enfant et nous n'avions pas réalisé
qu'il avait un retard moteur, le médecin de PMI avait diagnostiqué
un nystagmus aux yeux. Benjamin a alors été suivi en ophtalmologie,
on lui a prescrit le port de lunettes pour hypermétropie. Puis
des séances d'orthoptie.
Mais ses problèmes visuels ne pouvaient être pas expliquer
toutes les difficultés éprouvées par Benjamin.
Il a marché le jour de son premier anniversaire, s'est étalé
de tout son long et n'a plus voulu marcher jusqu'à ses 18 mois.Il
était très pataud, pas du tout agile, avait du mal à
descendre les escaliers, il courait de façon désordonnée,
nous avions l'impression de voir courir un pantin avec les bras qui s'agitait.
Il était fatigué pour manger et se débrouillait mal
tout seul.
En Ps et Ms, il ne manifestait aucun intérêt pour le coloriage,
la pâte à modeler, les jeux de construction.
En ms , il n'arrivait pas à faire du graphisme, pas de bonhomme,
pas d'escargot, ni de traits verticaux , ni horizontaux , si on guidait
sa
main il regardait ailleurs, il ne pouvait repasser sur des traits pointillés
ou conduire son feutre dans un circuit graphique (ou un labyrinthe).
Il avait du mal à décoller les gommettes et ne les collaient
pas au bon endroit. Il faisait tomber la colle , perdait les papiers à
coller. Il
découpait mais pas sur les lignes, ne faisait pas de boules en
pâte à modeler.
Il avait du mal à se souvenir de la comptine numérique ,
n'arrivait pas à compter les enfants à l'accueil ou en manipulant,
il pointait mal les objets sur une feuille, surtout si les objets étaient
tous pareil..
Il aimait jouer avec les animaux de la ferme, les dinosaures (connaissait
tous les noms hyper compliqués!) ou encore les voitures.
Iil n'arrivait pas à ranger, on aurait dit que chaque geste lui
coutait !
Il a redoublé sa MS de maternelle et comme je ne comprenais pas
ses problèmes, il est venu dans l'école où j'enseignais.
C'était plus facile de discuter avec ma collègue mais elle
ne comprenait pas d'où provenait ses difficultés;
Dès que l'on passait à un travail sur la feuille en autonomie
, il était perdu. Mais quand on l'aidait en lui découpant
les étiquettes, en lui
passant la colle, en manipulant les étiquettes il arrivait à
faire le travail par ex : reconstituer son prénom avec des lettres
découpées. tous
les gestes complexes (les séquences) lui posaient problème
Plus c'était gros et en gras, mieux il y arrivait. (dans certaines
maternelles , on utilise des carbones bleues "ronéotypes"
et çà c'était
l'horreur)
Quand il y avait trop d'info sur la page, il était perdu .Par contre,
il reconnaissait les lettres, les figures géométriques,
les
chiffres, si on pointait les objets pour lui il arrivait à compter
et avait compris la fonction du nombre. Je voyais qu'il était intelligent
et
comprenais tout .
.Il s'intéressait beaucoup aux sciences et posait des questions
très logiques et pointues , il mémorisait des mots compliqués
et avait un bon vocabulaire. Par contre en classe, il ne prenait pas facilement
la parole et répondait juste quand on lui posait des questions
précises.
Il détestait le bruit et l'agitation et avait horreur du carnaval
ou des fêtes (puis en gs cela a été mieux)Il n'arrivait
pas à souffler les bougies de son gâteau d'anniversaire !
Il n'arrivait pas à s'habiller, mettre ses chaussures, avait besoin
qu'on l'accompagne aux toilettes, il n'arrivait pas à frotter ses
mains l'une
contre l'autre pour les laver, ni à faire les gestes des comptines,
ni à dissocier ses doigts.
Il aimait écouter les histoires et regarder les vidéos et
documentaires. J'avais remis au médecin de PMI en fin de moyenne
section un premier bilan du neuropédiatre qui parlait de dyspraxie.
Pendant l'été, nous avons revu le neuropédiatre qui
nous a remis un bilan
faisant état de la dyspraxie visuo-spatiale constructive, je lui
ai posé des questions au niveau pédagogique mais ses réponses
sont restées évasives;
Le CMPP avait auparavant diagnostiqué un trouble des praxies et
le Dr (qui avait travaillé avec des enfants IMC) m'avait
expliqué certaines implications sur la vie quotidienne : difficulté
pour le vélo, fatigue pour manger., mais personne du CMPP n'avaient
expliqué les difficultés scolaires engendrées par
ce trouble des praxies.
J'ai remis un bilan du neuropédiatreà la
directrice, il spécifiait que Ben avait besoin de l'aide d'une
AVS du fait de sa dyspraxie visuo-spatiale. Mais on m'a répondu
que cela n'était pas possible.
Pendant les vacances , je l'ai fait travaillé avec la méthode
des alphas (la K7 , les lettres sont déguisées et on apprend
leur chant et pas leur nom alphabétique)
il avait tout compris mais toujours ce pb quand on passait à la
feuille et dés que la notion d'espace intervenait.
Il est rentré en GS, j'ai eu mon troisième bébé
et je n'étais pas présente à l'école, il s'est
mis à bégayer, il fallait qu'il reste à la cantine
et
n'avait plus envie d'aller à l'école (sa maîtresse
qu'il avait 3/4 de temps était très gentille, son autre
maîtresse était la directrice)
Mon mari m'a annoncé à la sortie de la clinique que la directrice
avait parlé de l'orienter en CLIS. Et que nous allions avoir une
réunion de l'équipe éducative.
Nous avons alors parlé du bilan du neuropédiatre qui insistait
sur la nécessité d'un accompagnateur de vie scolaire, seule
la maîtresse nous a soutenu car elle avait remarqué que mon
fils y arrivait beaucoup mieux dés qu'il était soutenu.
Mais tout le monde : directrice, médecin scolaire, psy scolaire,
psychomotricienne, secrétaire CCPE a refusé en disant que
cela allait
infantilisé Benjamin encore plus et qu'il fallait qu'il acquiert
de l'autonomie seul. En plus , Benjamin était présent à
la réunion car il y
avait du retard et plus personne pour le garder dans l'école, c'était
pénible de se concentrer avec lui qui voulait qu'on s'occupe de
lui.
On nous a conseillé la CLIS !sans spécificité
J'étais alors très prise par mon bébé et j'étais
très fatiguée. Le médecin scolaire m'a alors téléphoné
pour me dire qu'elle venait d'aller à une conférence du
dr Mazeau et avait découvert ce qu'impliquait une dyspraxie visuo-spatiale
elle comprenait d'où provenait les difficultés de Benjamin
!!!
. Une de mes amies Irlandaise s'est mis à m'envoyer
des mails. Jusque là je ne savais pas bien utiliser Internet et
un soir j'ai eu l'idée de taper dyspraxie visuo-spatiale. J'ai
alors découvert l'article du DR Mazeau qui décrivait mon
fils , je crois que j'ai pleuré !
Le médecin scolaire qui avait eu un très bon contact avec
Ben, nous nous sommes rencontrés à l'école, je lui
ai donné l'article et à
partir de là elle nous a aidé, elle a donné des explications
aux maîtresses que j'ai complétées en lisant des mémoires
d'enseignants spécialisés.
Benjamin est passé au CP, la CDES lui a accordé un ordinateur
pour pallier sa dysgraphie, un AVS à mi-temps qui adapte le travail,
l'aide à se concentrer pour les manipulations, lui sert de secrétaire....Les
enseignants ont joué le jeu (il y a eu 9 changements ! à
cause d'un congé maternité) il a appris à lire et
passe en CE 1
L'idée que d'autres enfants étaient dans le même cas
que Benjamin nous a interpellé , pourquoi laisser tous ses enfants
souffrir !
Pourquoi la dyspraxie est-elle si mal connue en France ?
En février, mon mari et moi avons décidé
de réaliser un site internet conseil pour les parents et les enseignants,
pour diffuser l'information sur la dyspraxie, aider les gens à
comprendre la dyspraxie car les enfants peuvent y arriver si l'on met
en place certaines adaptations et si on comprend leurs pbs.
Avec d'autres parents, nous avons crée l'association Dyspraxique
mais Fantastique et depuis beaucoup de gens nous contactent et sont soulagés
de réaliser qu'ils ne sont plus seuls.
Françoise Cailloux, maman de Benjamin 8 ans,
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