Bonjour
à tous,
Fran m'a récemment contacté pour me proposer de rejoindre
le site dyspraxique mais fantastique, puis Bernadette m'a gentiment
invitée à rejoindre le groupe .
Comme je l'ai dit à Fran, je vais exposer les différentes
étapes qui ont conduit les professionnels de santé
à diagnostiquer la dyspraxie chez Camille . Cet exposé
est essentiellement destiné aux parents en phase de "questionnement"
. C'est long mais c'est le zoom de plusieurs mois
Nous avons eu beaucoup de chance pour notre petite fille .
Un jour de l'été dernier , j'ai cherché via
google , autre super moteur de recherche du web , à comprendre
ce qui se passait avec Camille . Je dois souligner que c'était
après un moment de lecture très éprouvant pour
toutes les deux .
J'ai tapé "refus de l'enfant de lire" et j'ai trouvé
différents résultats, l'un deux a retenu mon attention,
c'était l'article de Mme Mazeau sur les dyspraxies visuo
spaciales chez l'enfant . J 'en ai fait part à mon mari et
nous sommes arrivés à la conclusion que c'était
très proche de notre fille.
On tenait quelque chose , il fallait trouver plus d'informations
. Puis, j'ai découvert le site MOTAMOT et j'ai commencé
à échanger des propos sur le forum avec Nath et Fran
aussi.
J'ai cherché un neuro-pédiatre sur l'annuaire mais
je n'en ai pas trouvé ; alors on a pris rendez-vous avec
une neurologue en cabinet . Elle a vite conclu qu'elle ne pouvait
rien apporter à Camille mais qu'elle connaissait une neuro-pédiatre
(en milieu hospitalier) vers qui elle se proposait de nous diriger
. La machine était en route . Nous avons rapidement pris
contact avec la spécialiste .....et avons obtenu un RDV un
mois et demi après . Ce délai peut paraître
court ou long selon les cas, certes , mais cette spécialité
, avec des gens compétents reste rare . Le médecin
de notre fille est spécialisé dans cette pathologie
et dispose d'un réseau d'intervenants très compétents
mais là encore, trop peu nombreux .....à nouveau des
délais très longs . Camille a été en
milieu hospitalier pour effectuer des bilans neuro-psy . Une jeune
Neuro-psy (fraîchement dîplomée et spécialisée
dans tout ce qui touche au "cognitif" chez l'enfant) s'est
occupée d'elle pendant quelques mois (à raison de
quatre rendez-vous) . Le travail de ce médecin a consisté
à établir un diagnostic à l'aide de différents
outils ( bilans QI entre autres ) .
Parallélement , Camille a eu un bilan orthoptiste, un bilan
d'ergothérapie, un nouveau bilan orthophonique (elle était
suivie au préalable de ces démarches, mais l'orthophoniste
n'avait pas détecté la DVS et ne semblait partager
mon opinion quant à cette possibilité , peu importe
je suis restée sur ma position) .
Ne pas se décourager face à la maîtresse
(très compétente) qui voit l'échéance
de l'année scolaire approcher à grands pas et n'a
toujours pas d'outils à sa disposition pour aider Camille
.
Faire face au psy scolaire qui considère que l'on n'est pas
qualifié pour discuter de ce sujet avec lui ......et qui
n'est pas plus qualifié , voire ne connaît pas la dyspraxie
.
Bref, nous sommes fin Avril et nous revoyons la Neuro-pédiatre
pour faire la synthèse . Au préalable de cette réunion
, les différents intervenants se sont réunis pour
parler de notre fille et proposer un plan d'action . Le médecin
nous confirme que Camille est dyspraxique . Il s'est passé
plus de cinq mois depuis notre dernière rencontre . Maintenant
, nous allons rencontrer les assistantes sociales de la sécurité
sociale (pour la partie prise en charge de l'ergothérapie
, qui n'est pas reconnue actuellement) et celle de la CAF (pour
le dossier AES) . Parce que nos enfants ont des droits et que nous
, parents , ne pouvons pas supporter , financièrement tous
les frais inhérents à cette prise en charge . Rien
n'est gagné pour le moment , mais nous y travaillons . Je
trouve inadmissible que cette pathologie ne soit pas traitée
comme n'importe quelle autre "reconnue", mais les faits
sont là , c'est comme ça .
Il faut comprendre aussi qu'il n'est pas évident d'accepter
certaines choses . La neuro nous a expliqué qu'il est parfois
difficile pour les parents d'accepter le qualificatif "handicapé"
. Nous avons dépassé ce stade . Ce qui nous importe
, c'est que notre petite fille soit aidée . Essentiellement
pour qu'elle ait confiance en elle (elle va être suivie par
une pédo-psychiatre) et aussi pour qu'elle soit capable de
suivre une scolarité sans grosse difficulté à
partir du collège .
L'ergo va venir deux fois par semaine à l'école .
Je dois vous avouer , que nous sommes passés par le stade
de la culpabilité et c'est normal , ce qu'il faut , c'est
dépasser ce stade et réagir . Les parents ne sont
pas seuls mais sont les acteurs majeurs , cela nécessite
beaucoup de temps et de démarches , mais nos enfants sont
les bénéficiaires, pour eux , c'est un renouveau.
Camille m'a dit un jour :"je suis contente , vous commencez
à comprendre que je suis différente et que quelque
chose ne va pas " , c'était en septembre , elle venait
d'avoir huit ans .
N'hésitez pas à : rencontrer l'instituteur de votre
enfant , échanger des informations régulièrement
avec cette personne , lui expliquer la dyspraxie , lui conseiller
de se documenter ou lui fournir des écrits et insistez !!
L'instit de Camille lui a fait faire un exposé devant ses
copains de classe pour que les autres enfants comprennent .....et
ça marche ! (je le tiens à disposition pour les personnes
intéressées)
Et si votre enfant est plus âgé, adressez vous aux
principaux de collège et insistez !!!
Ne pas lâcher , jamais ! Peu importe le regard des autres,
le regard le plus important est celui de votre enfant ! Il est perdu
et souffre des moqueries des autres, de l'incompréhension
générale et de l'étiquette que l'on lui colle
injustement .
J'aurais pu rédiger ce texte de façon plus synthétique
mais je voulais faire passer ce que l'on ressent : les doutes parfois,
le découragement mais surtout l'espoir et l'amour !
Je suis à votre disposition pour des questions plus précises
dans la mesure où je peux y répondre.
Fran , j'ai communiqué l'URL du site à la neuro-pédiatre
, qui est très active sur le département , où
elle a organisé récemment avec les responsables académiques
une réunion d'information à destination des médecins
scolaires notamment . Plus tôt les diagnostics sont établis,
plus importantes sont les chances de nos enfants .
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